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Madagascar

Les forces armées garantes de la stabilité politique et démocratique ?

Une réflexion sur le politique en Afrique ne peut faire l’économie d’une réflexion sur la militarisation de l’État. Les forces armées africaines et malgaches ont été un acteur politique au lendemain des indépendances. Ainsi, Madagascar a été pendant plus de vingt ans gouverné par des militaires. L’institution militaire semble faire preuve d’une neutralité nonchalante garante de la stabilité politique. Cependant cette neutralité ne peut pas être absolue aussi bien en Afrique que dans les démocraties occidentales. Afin que la neutralité politique de l’armée soit réellement effective, la démilitarisation du pouvoir politique doit être réalisée, car le retrait du personnel militaire de l’exercice direct du pouvoir politique exécutif et la subordination de l’institution militaire aux décisions civiles ne suffisent pas à assurer cette neutralité politique. Ce retrait s’est réalisé à travers la troisième vague de démocratisation. Cependant la transition va là où vont les militaires. Derrière cette démocratisation se profile inévitablement la problématique de la neutralisation de l’armée qui passe par la démilitarisation du pouvoir politique ainsi que la dépolitisation de l’armée. Car les régimes post-transition qui tendent vers la démocratie doivent reposer sur une séparation formelle, institutionnelle et constitutionnelle des sphères civiles et militaires. Quant à la consolidation de ces régimes, elle ne pourra être patente que si l’armée et les appareils sécuritaires sont placés sous une forme de contrôle démocratique. Le désengagement politique qui a été rendu possible par la transition politique et le changement de régime semble remis en cause à l’heure actuelle où nous constatons un retour du prétorianisme comme peuvent l’attester le cas de la Mauritanie, de la Guinée, du Niger ou encore de Madagascar. Par conséquent, la démilitarisation du politique et la dépolitisation mais aussi la reprofessionnalisation de l’armée s’imposent.

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