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Altermondialisme

Dix ans après le premier FSM de Porto Alegre

Huit Forums sociaux mondiaux (FSM), un Forum polycentrique (c’est-à-dire organisé dans plusieurs pays de différentes régions du monde dans la même période), une « Journée globale d’actions » et une « Année globale d’actions » [1] ont accompagné une décennie tumultueuse qui a propulsé le monde dans une période de forte instabilité géoéconomique et géopolitique.

1.- Bref retour sur dix ans d’évolution radicale

L’année 2001 fut marquée par trois événements de nature géopolitique, économique et citoyenne. Chacun, dans sa dimension, allait significativement contribuer à façonner le cycle décennal.
Sur le plan géopolitique, les meurtrières attaques terroristes d’Al-Qaida contre le World Trade Center de New-York allaient déchaîner les apôtres du « choc des civilisations », enivrer de rêves impériaux globaux les faucons néoconservateurs de George Bush et projeter le monde dans une période d’impasses guerrières (Afghanistan, Irak).

Dans le même temps, l’instrumentalisation du terrorisme par les Etats allait offrir aux gouvernements l’opportunité de développer comme jamais des politiques sécuritaires et de criminalisation de la contestation sociale dans leurs sociétés [2].

Sur le plan économique, l’entrée de la Chine au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) allait confirmer l’irrésistible ascension de l’Empire du milieu dans le système-monde et, au-delà, celle de ceux que l’on nommerait bientôt les « BRICS» (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) dans la compétition économique et interétatique mondiale.

Enfin, s’agissant de la résistance sociale et citoyenne au capitalisme, la naissance du FSM à Porto Alegre (Brésil), en plein coeur de la dynamique victorieuse des luttes sociales et politiques latino-américaines engagée depuis la seconde moitié des années 1990, allait confirmer, à peine plus de dix ans après l’effondrement du communisme d’Etat, la montée en puissance et l’inscription dans la durée d’un « mouvement de mouvements » à dimension internationale.

Composé d’associations, d’ONG, de syndicats, de mouvements sociaux (antiguerre, sans droits, mouvements paysans, étudiants, de femmes, de migrants, etc.), le mouvement altermondialiste allait peu à peu s’affirmer comme un nouveau sujet politico-social pluriel porteur de propositions de réformes radicales du système économique et de ses institutions internationales (FMI, Banque mondiale, OMC, Union européenne, etc.).
Depuis, ce mouvement a été capable d’organiser régulièrement sa présence dans l’arène internationale - avec une moindre visibilité grand public cependant ces dernières années et certaines limites comme nous le verrons - à travers les événements du processus FSM ou lors des rencontres de l’agenda international des dominants (G8/G20, Sommets des Nations unies, Sommets européens, etc.).

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Footnotes

[1FSM : Porto Alegre/Brésil (2001, 2002, 2003, 2005), Bombay/Inde (2004), Nairobi/Kenya (2007), Belém/Brésil (2009), Dakar/Sénégal (2011) ; Forum polycentrique (2006) : Bamako (Mali)/Caracas (Venezuela)/Karachi (Pakistan) ; Journée mondiale d’actions (26 janvier 2008), Année globale d’actions (2010).

[2La répression brutale des mobilisations populaires contre le G 8 de Gênes en 2001 par le gouvernement de Silvio Berlusconi en restera le symbole. Celle-ci coûtera la vie du militant altermondialiste Carlo Giuliani.


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